Le Roy René : planter des amandiers pour faire des calissons, le pari du temps long
- agriculture
- alimentation
En 2015, Laure Pierrisnard lance un plan de relance de la culture de l’amande en Provence. L’objectif : 1 000 hectares plantés, des amandes locales pour tous les calissons Le Roy René. Le problème : un amandier met 4 à 7 ans avant de produire une récolte régulière, et la matière première locale coûte deux fois plus cher que l’importée. Un épisode du podcast Climat en Action sur l’exigence, la cohérence et le choix du temps long.
Un pari à rebours de toute logique court-termiste
Laure Pierrisnard a pris la direction du Roy René en 2014, après un parcours dans les cosmétiques et chez L’Occitane. Elle hérite d’une confiserie centenaire, fondée en 1920 à Aix-en-Provence, dont le calisson est le produit phare et le symbole. Et elle fait un choix qui surprend : au lieu d’optimiser les coûts d’approvisionnement, elle investit dans la reconstruction d’une filière locale. La production d’amandes de Provence peut coûter 50 à 100 % de plus que l’import. Peu importe : le pari est de long terme, et il tient.
1 000 hectares et un syndicat d’amandiculteurs
L’objectif est aujourd’hui dépassé : plus de 1 000 hectares d’amandiers cultivés en Provence, dans le cadre d’un partenariat construit avec la Chambre d’Agriculture, des contrats pluriannuels avec les producteurs, et la création d’un syndicat d’amandiculteurs et d’une interprofession. La pistache est en cours de réintroduction. Les calissons du Roy René sont désormais produits exclusivement à partir d’amandes de Provence. Et 85 000 visiteurs par an découvrent les ateliers de la maison, devenue un lieu de transmission autant que de production.
Énergie, eau et emballages : la démarche totale
La relocalisation n’est qu’un des chantiers. Le Roy René a conduit un bilan carbone en 2023, engagé une démarche ISO 50001 qui a déjà généré 10 % d’économies d’énergie, et rejoint le dispositif ACT Pas à Pas de l’ADEME. L’épisode explore les leviers actionnés : équipements, process industriels, sensibilisation des équipes. S’y ajoutent les chantiers d’écoconception des emballages et de réduction du plastique. Chaque programme s’articule avec les autres dans une vision d’ensemble, malgré des calendriers longs et des coûts matière élevés.
« L’homme qui plantait des arbres »
Dans la tradition des recommandations culturelles de Climat en Action, Laure Pierrisnard cite Jean Giono : « L’homme qui plantait des arbres ». Le choix n’est pas un hasard. Il dit quelque chose sur ce que Laure Pierrisnard fait depuis dix ans : planter, attendre, transmettre les savoir-faire de calissonnier et de nougatier. Une entreprise familiale qui choisit la résilience plutôt que l’optimisation. Un épisode à savourer sans modération.
Pour comprendre pourquoi Laure Pierrisnard a choisi de miser sur le temps long et de reconstruire une filière locale de l’amande, découvrez son témoignage dans l’épisode complet de Climat en Action.
On vous recommande aussi
- décarbonation
- industrie
Clayens : décarboner un groupe industriel international sans freiner sa croissance
Le groupe lyonnais Clayens est spécialisé dans la transformation de polymères, de composites et de pièces métalliques de précision. Engagé dans une ambitieuse trajectoire de décarbonation, l’industriel vise une réduction…
- agriculture
- biodiversité
Arcadie : quand le spécialiste des épices bio fait de la biodiversité un enjeu stratégique
Fondée en 1990, Arcadie, connue pour ses marques Cook et L’Herbier, fait du respect de la biodiversité un enjeu stratégique. Face au dérèglement climatique et aux tensions croissantes qui pèsent…
- performance
- tee
Soutenabilité et performance financière : les preuves en chiffres
La transition environnementale, chère et peu rentable pour les entreprises ? FAUX ! C’est même bien le contraire et c’est aujourd’hui attesté par des dizaines d’études que les équipes de…
