Devenir une plus robuste en 2026 c’est d’abord comprendre et assumer ses liens avec la nature

Le 15/06/2026
19 min

Et si la biodiversité était un enjeu stratégique pour votre entreprise — bien avant d’être un sujet environnemental ?

Posez-vous pendant un instant ces questions :

  • Que devient votre activité en cas de restriction, voire d’interdiction, de prélèvement d’eau ?
  • Que se passe-t-il si l’une de vos matières premières clés reste bloquée plus de deux mois dans le pays de votre fournisseur ?
  • Comment réagit votre modèle économique lorsque vos produits sont de plus en plus lourdement taxés en raison de leur non-durabilité (taxe carbone) ou du fait qu’ils émettent des pollutions ?
  • Et si le prix de vos matières premières s’envolait, devenait instable ou cette matière se faisait rare ?

Derrière chacune de ces situations se cache une même réalité : la dépendance directe des entreprises aux écosystèmes et à la biodiversité.

Cet article est le cinquième d’une série de 7 articles répondant à la question suivante :

Dans un contexte qui mêle situation macro-économique incertaine et discours teintés de backlash écologique, comment les entreprises peuvent-elles se servir de la transition écologique comme leviers de compétitivité, de souveraineté, de résilience et de robustesse pour trouver de nouvelles opportunités ?

Une entreprise fonctionne de manière organique. Elle connaît des variations, des phases d’instabilité, doit absorber des chocs et se transformer pour continuer d’exister. Dans la nature comme dans le monde économique, ceux qui perdurent sont ceux qui savent affronter les changements et s’adapter aux conditions qui les entourent, c’est la comparaison que fait Olivier Hamant pour parler d’entreprise robuste[1].

Notre dépendance à la nature est dangereusement invisible. 72 % des entreprises européennes dépendent de manière critique de la biodiversité et 80% des emplois en France seraient impactés par une dégradation de la nature[3]. Lorsque que l’on parle de nature ou de biodiversité, on ne parle pas uniquement des belles espèces animales cataloguées : c’est par exemple le bois de construction, le cuivre, l’eau douce et potable, les pollinisateurs, le cacao, les vitamines et médicaments comme l’aspirine ou encore le coton utilisé pour l’habillement.

Faire face aux discours de backlash écologique c’est rapprocher les enjeux de biodiversité au plus proche de la réalité concrète des problématiques, des enjeux, du quotidien, de l’environnement des entreprises ou des individus. Il est possible de distinguer deux façons de rendre compte de la nécessité d’agir : à quel point je suis dépendant et à quel point j’émets des pressions sur mon environnement.

 

La dépendance aux ressources

Premièrement, il faut aborder la transition écologique par le biais des dépendances aux ressources. La nature nous rend des services que nous utilisons gratuitement pour produire, commercer… Ces biens reposent donc sur les règles de la nature. Il s’agit donc d’exposer les liens entre biodiversité et entreprise :

  • Schmidt Groupe (éclaireur du Coq Vert) dépend de l’approvisionnement en bois pour son ameublement.
  • Nexans dépend de l’approvisionnement en cuivre pour produire ses câbles. Le cuivre ayant subi une hausse d’environ +60% sur son cours depuis 5 ans.
  • Rivedroite (éclaireur du Coq Vert) et 1083 (Coq Vert) dépendent des pollinisateurs pour la culture de coton et la fabrication de leurs produits textile.
  • Grain de Sail (éclaireur Coq vert) dépend du cacao qui a vu son cours mondial faire x5

De façon plus théorique, la nature nous rend globalement 3 catégories de services (4 catégories de services si l’on est précis) :

  • Approvisionnement : matières premières à vocation alimentaires, énergétiques, minérales, métalliques, végétales ou chimiques.
  • Régulation du climat et support : avec la pollinisation, la purification de l’eau, la régulation du climat, photosynthèse, formation des sols.
  • Immatériels : valeur esthétique, identité locale, qualité des lieux, bien-être et santé mentale.

Source : Rapport Planète Vivante 2022 WWF.  Crédit : WWF

 

Pour aller plus loin dans les liens entre biodiversité et entreprise, Bpifrance Université propose un cursus d’apprentissage complet pour les dirigeants dédié à la biodiversité : https://www.bpifrance-universite.fr/formation/cursus-biodiversite/

 

 

Les pressions sur la nature

Deuxièmement, il convient de constater la dégradation, voire la disparition, d’un environnement proche et des activités qui gravitent autour de l’entreprise, se traduisant par des manifestations concrètes et visibles sur les territoires : le recul et artificialisation des côtes littorales, la fragilisation des massifs montagneux, le dépérissement des forêts, la raréfaction des espèces, la modification des paysages et la banalisation de la biodiversité, autant de phénomènes directement liés au changement climatique et aux pressions exercées par les activités humaines et économiques.

En effet, au-delà de consommer les services rendus par la nature, les entreprises exercent des pressions sur cette dernière :

  • 👉 Artificialisation des sols (bétonisation, destruction des habitats pour les cultures) et des mers​ (chalutage par exemple)
    • 5 terrains de foot par heure : c’est le rythme d’urbanisation des espaces naturels, agricoles et forestier en France[4] (Ministère de la Transition écologique)
  • 👉 Extraction et surexploitation des matières naturelles​ (du bois, des poissons ou encore des minéraux critiques par exemples)
    • 35,5 % des stocks de poissons sont surexploités
  • 👉 Emissions de Gaz à effet de serre​ (responsable donc changement climatique et de l’extinction de certaines espèces).
    • 35% des espèces de pollinisateurs servant à l’alimentation humaine (fruits, légumes, légumineuses, oléagineux…) ont disparus en France[6]
  • 👉 Pollution, rejet de gaz toxiques (conséquences sur la santé humaine et de l’environnement)

Pour rappel, climat et biodiversité sont deux faces indissociables de la même crise planétaire. Le changement climatique accroit la perte de biodiversité – par la hausse des températures, la montée des eaux, l’acidification des océans, la multiplication des aléas climatiques- tandis que l’érosion de la biodiversité réduit la capacité de la nature à faire face à ce changement climatique, notamment en stockant du carbone. L’un perturbe les équilibres naturels, l’autre les rend encore plus vulnérables.

Et maintenant, si les questions « en quoi ça concerne mon entreprise ? » ou « quelles sont les actions concrètes pour la biodiversité ? » persistent, voici des éléments de réponses…

 

Les risques opérationnels et économiques

Ces dépendances et pressions génèrent des risques croissants pour les entreprises. En effet, les atteintes à la biodiversité et aux écosystèmes ne produisent pas des effets isolés, mais déclenchent des enchaînements de conséquences qui se renforcent mutuellement, depuis les déséquilibres environnementaux jusqu’aux impacts opérationnels et économiques. L’impact sur la biodiversité est ainsi systémique :

  • L’augmentation des prélèvements en eau, dans un contexte de changement climatique, accentue les tensions sur la ressource et les conflits d’usage, pouvant conduire à des restrictions ou à des arrêts de production, en particulier pour les industries fortement dépendantes de l’eau. À titre d’illustration, à l’été 2025, 46 départements français étaient en situation de sécheresse et soumis à des restrictions d’usage de l’eau. Rappelons également que 34% des encours des banques européennes sont dans des secteurs fortement exposés au risque de pénurie d’eau.
  • L’augmentation des émissions de gaz à effet de serre réduit la stabilité climatique et accroît la fréquence et l’intensité des aléas climatiques. En conséquence, une entreprise de BTP ou un industriel peut être confronté à des températures excessives sur les chantiers ou dans les usines, entraînant des conditions de travail dégradées, des arrêts d’activité, voire une impossibilité temporaire de produire.
  • La présence d’une espèce nuisible dans une monoculture peut entrainer la mort de l’essence et l’arrêt des activités de la zone (production, culture, transport de la matière). C’est par exemple le cas du scolyte (forte prolifération engendrée par le réchauffement climatique), un insecte qui cause une mortalité importante des pins.
  • L’utilisation de matières polluantes, non-durables dans une production peut être soumis à des réglementations/ restrictions préfectorales, nationales ou européenne imminentes ou futures (règlement contre la déforestation ou bien EU ETS2) qui affecte votre activité en cas de non-anticipation. Ainsi, une entreprise peut subir ce qu’on appelle des risques de transition face à des politiques environnementales françaises ou européennes favorables à la biodiversité.

 

Bpifrance propose le Diag Biodiversité qui permet d’évaluer les risques, dépendances et pressions sur la nature de votre entreprise pour les transformer en opportunités. C’est le diag pour faire un état des lieux des enjeux environnementaux de la chaine de valeur de l’entreprise. Le Diag parle d’eau, matières premières, artificialisation des sols, pollutions. Il permet également d’élaborer une feuille de route.

Les informations sur leur impact et leurs relations de dépendance peuvent guider les entreprises et faciliter la communication d’informations, la transparence et la prise de décisions et de mesures pour gérer les risques et les opportunités, ce qui peut à son tour améliorer les résultats pour la biodiversité et les entreprises.

 

Quand l’accès aux ressources devient un risque

Les impératifs de sécurité d’approvisionnement en matières premières, en eau, en énergie ou en biens semi-transformés doivent inciter les entreprises, premièrement, à mesurer précisément leur exposition aux risques climatiques, géopolitiques et financiers, et deuxièmement, à renforcer leur robustesse et leur souveraineté à travers des leviers complémentaires : efficacité des usages, relocalisation ou sourcing local, sobriété, recyclage et adaptation au changement climatique.

Dans ce contexte, le sourcing local apparaît comme un levier stratégique majeur de sécurisation des chaînes d’approvisionnement. En réduisant la dépendance à des zones géographiques lointaines, souvent exposées à des tensions géopolitiques, climatiques ou logistiques, cela permet de limiter les risques de rupture, d’améliorer la traçabilité des ressources et de renforcer la résilience opérationnelle de l’entreprise. Le sourcing local participe également à la réduction de l’empreinte environnementale liée au transport et favorise le maintien d’écosystèmes économiques et naturels sur les territoires. En Bretagne par exemple, près de 75% des achats de la région sont locaux (grâce au vote d’une planification des achats socialement et écologiquement responsables ambitieuse via le SPASER). Les entreprises bretonnes ont donc modifié entièrement leurs structures d’achats au profit d’entreprises locales.

Ce levier est d’autant plus efficace lorsqu’il est combiné à une réflexion sur la conception des produits : concevoir des produits utilisant moins de matière, intégrant des matières recyclées ou des matières alternatives disponibles localement, permet d’élargir le champ du sourcing de proximité. L’écoconception, la sobriété matière et la substitution de ressources critiques constituent ainsi des leviers concrets pour concilier sécurité d’approvisionnement, réduction des dépendances à la biodiversité sous pression et compétitivité économique.

Lebronze Alloys, membre de la communauté du Coq Vert, groupe industriel spécialisé dans la fabrication et la transformation d’alliages à base de cuivre, a engagé une démarche ambitieuse d’optimisation de l’usage du cuivre et de développement du recyclage. Cette stratégie répond à la fois à des objectifs écologiques et économiques, mais également à un enjeu de souveraineté nationale sur une ressource stratégique

 

L’entreprise a fondé son approche sur plusieurs principes : fournir à ses clients le juste besoin en métal afin de limiter la production de déchets en aval, réduire les chutes tout au long de ses processus de production et maximiser la réutilisation de ces chutes dans une logique de recyclage interne. Lebronze Alloys va encore plus loin en innovant dans le domaine de l’upcycling, en traitant et valorisant des déchets de fonderie que l’entreprise transforme en granules métalliques, directement réintégrés dans ses propres fonderies. Cette démarche illustre concrètement comment l’économie circulaire peut renforcer à la fois la performance industrielle, la résilience des approvisionnements et la réduction des pressions sur les ressources naturelles et la biodiversité.

Naturopera, producteur et distributeur des marques d’Hygiène-Beauté, s’engage également dans du sourcing local et biosourcé en produisant des couches 100% made in France grâce à la création d’une filière de cellulose de bois en local (alors que les fournisseurs de cellulose de bois sont globalement concentrés en Inde ou en Chine).

 

Bonne nouvelle, la biodiversité est résiliente

Une molécule de carbone, qu’elle soit émise en Australie ou à Grenoble, a le même effet sur le climat ; pour la biodiversité, l’impact est fondamentalement local. Dégrader un écosystème ici ne peut pas être compensé ailleurs : les pertes de biodiversité affectent directement les territoires concernés et les services qu’ils rendent.

Bonne nouvelle toutefois : la biodiversité peut se régénérer si des actions sont engagées. En réduisant les pressions, en restaurant les milieux et en adaptant les pratiques, les écosystèmes peuvent retrouver une partie de leur fonctionnalité, renforçant ainsi la résilience des territoires et des activités économiques.

Selon Véronique Andrieux, Directrice générale du WWF France « dans un monde où la nature s’érode à un rythme inédit, les PME, profondément ancrées dans leurs territoires, occupent une place déterminante. Leur agilité, leur capacité d’innovation et la force de leurs réseaux locaux en font des actrices essentielles de la transition »[7].

Une dernière interrogation vous taraude : « Quelles types d’actions concrètes je peux mettre en place dans mon entreprise ? », on y arrive…

 

Place à l’action !

Agir pour diminuer ses risques et pressions sur la biodiversité peut prendre diverses formes.

Les leviers d’action des entreprises pour réduire leurs impacts et leurs dépendances à la biodiversité concernent en priorité certains secteurs clés : les activités dépendantes aux matières biologiques (agriculture, agroalimentaire, pharmacie, cosmétique, textile) ainsi que celles liées au foncier ou fortement intensives en ressources (eau, énergie, matières premières) comme les industries primaires et manufacturières.

Pour ces secteurs, l’enjeu est d’abord opérationnel : limiter l’artificialisation des sols en utilisant prioritairement des surfaces déjà imperméabilisées, réduire ou supprimer les matières premières issues de la déforestation, diminuer l’usage de substances chimiques et pétrochimiques, sécuriser les procédés de recyclage et optimiser la consommation d’eau et de matières. La chaîne de valeur constitue un levier central, via la traçabilité des matières, l’imposition d’exigences environnementales aux fournisseurs et leur accompagnement vers des pratiques plus durables.

 

Le Kit biodiversité de Bpifrance permet de s’outiller sur les sujets de biodiversité et d’explorer les actions potentielles et des exemples d’entreprise qui ont mis en place des actions en faveur de la biodiversité.

 

Ces actions doivent enfin être portées à l’échelle globale de l’entreprise : choix de portefeuille (désengagement d’activités trop risquées), pilotage stratégique par la direction générale (objectifs mesurables, plans de transition crédibles, modèles d’affaires adaptés) et mobilisation des sites et des équipes, par la formation et une gestion rigoureuse des impacts locaux. C’est à cette condition que la biodiversité devient un véritable levier de robustesse et de performance durable.

Le rapport IPBES Business and Biodiversity Assessment sorti en ce début d’année 2026 met en lumière plus de 25 actions que les entreprises peuvent mettre en place.

L’exemple de SO BAG, membre de la communauté du Coq Vert et entreprise du secteur de l’emballage et en particulier des conteneurs souples de grande contenance de type big bag. Avec le Diag Biodiversité, l’entreprise a pu déterminer les dépendances et pressions qu’elle exerce sur la biodiversité à la fois lors de la fabrication des Matières premières plastiques (consommation d’eau, polluants toxiques, extraction de pétrole) et lors de la fin de vie des big bags (pollution plastique, pollution des sols (décharges)).

Pour répondre à ces enjeux, voici le type d’actions qui ont été proposées à l’entreprise :

  • Augmenter la part de toile recyclée dans les produits (objectif : 10% de produits en toile recyclée d’ici 2030) ; Continuer le développement R&D d’un big bag en matière naturelle
  • Développer l’économie de la fonctionnalité (objectif : d’ici 2027, au moins 5 clients qui louent leurs big bags) ; Développer la filière de recyclage des big bag produits par SO BAG.

Pour diminuer la pollution lumineuse de ses produits d’éclairage, le Groupe Ragni, éclaireur du Coq Vert, a travaillé sur l’éco-conception de ses produits notamment sur l’impact de la phase d’utilisation pour obtenir des technologies moins néfastes pour la biodiversité et la santé humaine (éclairage à température ambrée, éclairage pour mieux moduler l’orientation et le flux lumineux).

Barjane, aménageur de parcs d’activités, développeur de bâtiments, gestionnaire immobilier et éclaireur de la communauté du Coq vert, a par exemple travaillé dès le début avec des écologues pour préserver et recréer de la biodiversité sur leurs sites notamment sur le Parc des Aiguilles (projet pour Décathlon), anciennement friche qu’ils ont dépolluée, sur laquelle ont été planté des espèces locales et où la biodiversité a pu revenir.

De son côté, Semin (éclaireur de la communauté du Coq vert) spécialisé dans la fabrication de matériaux de construction, s’engage dans l’éco-conception et la bio-conception puisque le groupe a développé des enduits à base de biomasse, composée à plus de 99% d’ingrédients d’origine naturelle (pomme de terre, blé, maïs, argile).

 

 

Pour aller encore plus loin, le programme Entreprise Engagée pour la nature de l’Office Français de la Biodiversité propose de structurer, évaluer et valoriser le plan d’action nature d’une entreprise dans une démarche concrète et reconnu au niveau institutionnel.

 

S’il on parle désormais du secteur de la construction, voici le plan d’action de l’entreprise Fayat TP publiée dans le cadre du programme Entreprise Engagée pour la nature[8] est le suivant :

  1. 10% du chiffre d’affaires en 2029 sur des chantiers régénératifs ou de génie écologique pour diminuer progressivement leurs activités polluantes à fort impact sur l’érosion des sols et la biodiversité.
  2. Atteindre 90 % de nos matériaux provenant du réemploi ou de la valorisation d’ici 2029
  3. Réduction des prélèvements d’eau et maîtrise des pollutions : réduction de 30% de la consommation en eau en 2029 et contrôle des pollutions diffuses.

 

La préservation de la biodiversité à l’échelle d’une entreprise, loin d’être un sujet subsidiaire ou à côté du business, est un gage de robustesse, de réduction des risques et d’opportunité économique. Si le mot biodiversité ne parle pas au sein de votre entreprise, optez alors pour matière première, eau, pollution, artificialisation…

Prenons l’image d’une maison ultra-robuste, autonome en énergie, parfaitement équipée que développe Olivier Hamant, chercheur en biologie et biophysique et co-auteur de L’Entreprise robuste : Pour une alternative à la performance. Il explique que si cette même maison se retrouve dans une région ravagée par une méga-inondation ou par une pénurie de bois (bois qu’elle utilise pour son chauffage), elle ne sera plus habitable. Sa robustesse seule ne suffit pas, elle est mise à l’épreuve du monde qui l’entoure : des écosystèmes et du fonctionnement de la nature. C’est la même chose pour une entreprise dans un monde soumis au changement climatique et à l’érosion de la biodiversité.

Alors, pour commencer petit à petit : pourquoi pas opter pour la stratégie du Y[9] : garder un pied dans le monde ancien, celui de la performance et du contrôle, et un pied dans ce nouveau monde qui mise sur la robustesse. Puis, il est possible de monter en puissance, en rajoutant un bras, un genou et enfin le corps entier.

Le lien entre biodiversité et entreprise est de prime abord illisible ou bien invisibilisé. Pour autant ce lien (risques, dépendances, impacts et opportunités) est essentiel à comprendre pour une entreprise afin de devenir robuste. C’est le chemin qu’on choisit de prendre les entreprises Lebronze Alloys, So Bag, Groupe Ragni, Barjane, Naturopera, et Semin.

Dans le sixième volet, nous mettrons sur le devant de la scène le rôle crucial que l‘environnement joue sur la santé humaine.

 

Reprendre au début de la série | Lire l’article suivant (à paraître bientôt) >

 

 

[1] Olivier Hamant, L’Entreprise robuste : Pour une alternative à la performance, 2025

[2] BCE, « Economic and financial impacts of nature degradation and biodiversity loss”, Economic Bulletin Issue 6, 2024

[3] Elabe pour WWF France, Les Français et le lien entre nature et activité économique, Février 2026

[4] Ministère de la Transition écologique, 2023

[5] Sharma, R., Barange, M., Agostini, V., Barros, P., Gutierrez, N.L., Vasconcellos, M., Fernandez Reguera, D., Tiffay, C., & Levontin, P., eds. 2025. Review of the state of world marine fishery resources – 2025. FAO Fisheries and Aquaculture Technical Paper, No. 721. Rome. FAO.

[6] Ministère de la Transition écologique, 2022

[7] WWF, Livre Blanc Climat & Biodiversité quelle équation pour les PME & ETI ?, 2025, https://www.wwf.fr/vous-informer/effet-panda/les-pme-en-mouvement-pour-le-climat-et-la-biodiversite#:~:text=Deux%20crises%20jumelles%2C%20un%20seul%20combat&text=Depuis%20plus%20de%2060%20ans,d%27une%20m%C3%AAme%20crise%20plan%C3%A9taire.

[8] OFB, Programme engagée pour la nature, Fayat TP : https://ofb.gouv.fr/entreprises-engagees-nature/fayat-tp

[9] Alan Fustec, Timothée Fustec, Arnaud Bergero, La stratégie du Y : Faire entrer l’entreprise dans les limites planétaires, 2024

 

Auréa Dez

Diplômée de Science Po Paris en relations et affaires internationales / affaires publiques, Auréa est aujourd’hui chargée de coordination thématique au sein de la Direction Climat et Biodiversité de Bpifrance en plus d’être une joueuse de rugby émérite.

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