Forêt du futur, déchets de bureau, Vénus de Milo… cinq stands qu’il ne fallait pas manquer à Produrable
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Pour sa 19e édition, Produrable, le rendez-vous européen des acteurs et des solutions en faveur de l’économie durable, réunissait presque 300 exposants à Paris. Pour sortir des sentiers battus, Bpifrance a proposé un parcours tourné vers les solutions et l’action. Récit d’une visite conçue autour de la matière et du vivant, allant de la forêt de 2080 à la seconde vie du mobilier de bureau.
Jeudi 1er octobre, 10 heures, Palais des Congrès de Paris. Un petit groupe de dirigeants membres du Coq Vert quitte le pavillon Bpifrance pour une heure de visite, avec cinq arrêts chez cinq entreprises qui plantent, fabriquent, trient et revendent, trois sur la matière et deux sur le vivant.
Planter aujourd’hui la forêt de 2080
Premier arrêt chez Pépinières Naudet, une entreprise fondée en 1876 à Leuglay, en Côte-d’Or. Ce pépiniériste produit des plants forestiers et ornementaux, travaille sur l’agroforesterie et la végétalisation urbaine, et accompagne des entreprises dans leurs projets carbone et biodiversité. Les ordres de grandeur ? Un plant forestier sur trois planté en France vient des Pépinières Naudet, soit une vingtaine de millions de plants par an et environ 4 000 hectares reboisés chaque année.
Quelles essences choisir pour une forêt qui devra encore tenir dans soixante ans, sous un climat plus chaud et plus sec ? “Il ne s’agit pas forcément de changer d’essences, mais de les planter plus au Nord en anticipant les effets du changement climatique” explique Pierre Naudet, son directeur général délégué, sixième génération de la famille.
Quand le déchet devient mobilier urbain
Changement d’échelle avec un atelier installé à Pantin, présidé par le bio-ingénieur Ulysse Hellouin. Les Matériaux Urbains fabriquent des matériaux bas carbone, du mobilier, de la signalétique et des luminaires à partir de déchets urbains, du prototype jusqu’à la série. Stéphanie Larcher, directrice commerciale, fait circuler des échantillons de matière à base de marc de café ou de plastique de lunettes : “Nos matériaux proviennent entièrement de déchets, avec une trentaine de tonnes de matière détournées et plus de soixante projets livrés.” Dont une réplique de la Vénus de Milo grandeur nature à base de papier recyclée, exposée en lien avec la boutique du musée du Louvre et la Réunion des Musées Nationaux – Grand Palais (Rmn-GP). L’entreprise cherche actuellement des distributeurs pour réussir son changement d’échelle.
Agoterra : suivre son accompagnement financier jusqu’à la ferme
Retour au vivant, côté sol. Mathieu Toulemonde a converti la ferme familiale au bio avant de créer Agoterra en 2021. Il s’agit d’une plateforme mettant en relation des entreprises et des agriculteurs engagés dans la transition agroécologique. Les premières financent des changements de pratiques agricoles des seconds dans le cadre de leur responsabilité sociale. Agoterra accompagne 4 000 fermes, soit plus de 1 % des exploitations françaises, avec un ordre de grandeur de 50 000 euros de soutien financier et 500 tonnes de CO2 réduites ou stockées par ferme sur cinq ans.
Agoterra montre concrètement comment sont affectés les financements, avec une préférence pour des projets situés à moins de 100 kilomètres des chaînes de valeur des entreprises qui financent. “Par exemple, une marque de mode va accompagner sa propre filière lin pour améliorer les pratiques agricoles, comme la plantation de haies ou le travail de régénération des sols” illustre Mathieu Toulemonde. Agoterra est entreprise à mission et certifiée B Corp.
ELISE : quand l’emploi commande le modèle
Pour sa 3ème étape, la délégation de la communauté du Coq Vert repasse côté bureau avec ELISE. Ce réseau collecte, trie et recycle les papiers, gobelets, cartouches et autres déchets de bureau, et s’organise en franchises de l’économie sociale et solidaire partout en France. Sa finalité première est l’emploi local de personnes en situation de handicap ou éloignées du travail. “Notre réseau compte 50 sites de tri, plus de 1 000 collaborateurs et plus de 22 000 clients, pour plus de 30 000 tonnes traitées chaque année” détaille Tristan Reneaume, directeur du développement du groupe. Sur le site de Lille, 72 % des salariés sont en situation de handicap, quand le seuil légal pour une entreprise adaptée est de 55 %.
Toutes les entreprises du groupe souscrivent déjà un service de collecte, sous une forme ou une autre. La visite chez ELISE montre que faire le choix de l’ESS coûte souvent moins cher et contribue directement à un levier d’emploi.
CircularPlace : valoriser ce qui dort dans les réserves
Pour le dernier arrêt, retour au pavillon Bpifrance, qui accueillait quatorze entreprises de la communauté du Coq Vert dont CircularPlace. Cofondée par Vincent Rigal, cette plateforme organise la seconde vie des actifs d’entreprise, du mobilier de bureau à l’équipement industriel : qualification des stocks, transferts entre sites, vente aux collaborateurs, revente, dons aux associations, et recyclage en dernier recours. En 2025, ses clients ont évité 865 tonnes de CO2, tiré 800 000 euros de revente et économisé un million d’euros de stockage et d’achats. Son calculateur d’impact a été co-développé avec l’ADEME, et l’entreprise est certifiée B Corp depuis juillet 2026.
Autour d’un café, les participants débriefent les idées que leur a donné cette visite pour leur propre déploiement RSE. Un projet de reforestation proche du siège pourrait être un projet de team building avec du sens. Implanter un système de collecte des déchets de bureau aurait un impact positif rapide sur la note de son référentiel RSE. Le parcours avait commencé par une forêt plantée pour 2080. Il s’est terminé sur une question beaucoup plus proche : comment articuler concrètement mes parties prenantes pour améliorer l’impact de mon entreprise ?
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