SO BAG : quand la biodiversité transforme le modèle d’une PME industrielle

Le 05/10/2026
4 min

Diffusée à l’été 2026, la nouvelle saison de la série vidéo Un pas de plus est consacrée à la biodiversité. Dans ce premier épisode, So Bag, PME bourguignonne spécialisée dans la fabrication de big bags, raconte comment le Diag Biodiversité l’a conduite à interroger ses impacts et à transformer progressivement son modèle.

« La biodiversité garantit l’équilibre des écosystèmes dont dépend notre chaîne de valeur. Quand ces écosystèmes se fragilisent, c’est toute l’industrie qui devient vulnérable. » Pour Nicolas Chevalier, président fondateur de So Bag, le lien entre biodiversité et industrie est loin d’être théorique. Son entreprise fabrique des big bags, ces emballages de grande contenance qui transportent jusqu’à une tonne de matières pour l’industrie, l’agroalimentaire et la pharmacie. Chaque produit est développé sur mesure, à partir de la problématique d’un client et de son usage final, avec parfois plusieurs années entre la demande initiale et la phase industrielle. Créée en 2013 à Blanzy, en Saône-et-Loire, So Bag est née d’un projet de réindustrialisation d’une activité qui avait été fortement délocalisée. Elle vend 500 000 big bags par an, dont 150 000 issus de sa propre production, soit plus de 1 500 tonnes de plastique mises sur le marché.

Ce que le Diag Biodiversité a changé dans l’organisation

Le pétrole, l’eau et le gaz figurent en tête des ressources dont dépend l’activité. Mais d’autres dépendances, liées au bon fonctionnement des écosystèmes, sont moins visibles depuis l’atelier. Pour mieux les identifier et mesurer ses impacts, l’entreprise a accepté de jouer les pionnières : membre de la communauté du Coq Vert, So Bag a été sollicitée par Bpifrance pour devenir entreprise pilote du Diag Biodiversité. Réponse de Nicolas Chevalier : « J’ai dit banco, forcément. »

Le diagnostic a servi à identifier les impacts et les dépendances à chaque étape de la chaîne de valeur. L’entreprise l’a complété par un bilan carbone (scopes 1, 2 et 3) et par une analyse de cycle de vie. Ces outils servent aujourd’hui de cadre de priorisation, et ont fait passer So Bag d’une série d’actions ponctuelles à une démarche structurée. Nicolas Chevalier a constitué une équipe biodiversité interne pour tenir le pilotage dans la durée, avec un plan d’action, des indicateurs et une revue régulière des performances.

Du chanvre, du lin et 2 millions d’euros

Le projet le plus ambitieux porte sur un big bag entièrement biosourcé, à base de chanvre et de lin. Il mobilise un consortium de cinq acteurs privés et publics pour un budget de 2 millions d’euros, dont environ 500 000 euros portés par So Bag. Sur les produits existants, la part de matière recyclée incorporée devait initialement atteindre 5 % en 2027 : elle est déjà à 7 % cette année, et l’entreprise vise 10 % en 2030. En aval, une filière de recyclage se structure avec le partenaire Novus, qui a déjà permis de traiter plus de 9 tonnes de big bags usagés. La PME bourguignonne développe également des offres de location avec réparation et un réseau de réemploi entre clients.

Enfin, So Bag fait un choix plus délicat pour une PME industrielle : réduire une partie de son activité de négoce, fondée sur l’achat et la revente de big bags fabriqués à l’étranger, au profit de la production locale. Cette évolution s’accompagne d’une place croissante donnée à l’écoconception et à l’économie de la fonctionnalité : avec la location, par exemple, l’entreprise ne vend plus seulement un big bag, mais son usage. « Notre ambition, c’est de devenir à terme une entreprise régénérative. » Venant d’un fabricant d’emballages plastique, la formule a de quoi surprendre. Nicolas Chevalier ne présente pas cet objectif comme acquis : « Ce sont des actions de transformation profonde de l’entreprise, et ça va prendre du temps. » Le chemin est encore long, mais à voir l’énergie déployée par So Bag, l’entreprise semble bien décidée à aller au bout de la démarche.

Pour découvrir la démarche de So Bag et les transformations engagées par l’entreprise, regardez l’épisode complet d’Un pas de plus.

Baptiste Roux Dit Riche

Rédacteur et animateur spécialisé, Baptiste Roux Dit Riche conçoit des contenus sur la ville et ses transitions pour différents médias et organisations. Depuis 2023, il anime le podcast Baptiste pose des questions, un espace d’échange où il explore, avec ses invités, des solutions concrètes pour des villes plus résilientes, inclusives et heureuses.

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