Exotec : la robotique peut-elle servir la transition ? Oui, à une condition !

Le 28/09/2026
4 min

Automatiser un entrepôt réduit-il toujours son empreinte carbone ? La réponse d’Exotec est franche : pas forcément. Dans cet épisode de Climat en Action, Nicolas Hunsiger, directeur ESG de la licorne nordiste, explique pourquoi la durabilité d’une solution robotisée se joue sur l’ensemble du cycle de vie, et comment l’entreprise travaille à circulariser ses flux avec Bpifrance et l’ADEME.

« Automatiser un entrepôt, c’est transformer le rapport au travail et à l’énergie. La clé, c’est la mesure sur l’ensemble du cycle de vie, et l’ambition de circulariser nos flux. » Au micro face à Isabelle Albertalli, directrice Climat de Bpifrance, Nicolas Hunsiger pose d’emblée le cadre : la robotique logistique n’est pas neutre par définition. Son impact dépend du mix énergétique utilisé, de l’usage effectif des machines, et de ce qu’on en fait quand elles vieillissent. Fondée en 2015 près de Lille, Exotec est devenue en 2022 la 25ème licorne française, valorisée à 2 milliards de dollars. Son système Skypod équipe les entrepôts de Decathlon, Carrefour ou Uniqlo, en Europe, aux États-Unis et au Japon. Avec plus de 700 collaborateurs et une R&D en plein essor, l’entreprise est aujourd’hui face à un tournant : intégrer la durabilité dans sa stratégie de croissance, pas seulement dans ses discours.

Mesurer autrement, sur tout le cycle de vie

Pour Nicolas Hunsiger, le premier levier, c’est la mesure de l’impact sur l’ensemble du cycle de vie de la flotte de robots : fabrication, usage, réparabilité, fin de vie. C’est précisément l’objet des travaux menés conjointement avec Bpifrance et l’ADEME : comprendre comment passer d’un modèle linéaire à des flux circulaires, en intégrant réparation, reconditionnement et recyclage dans la logique même de l’entrepôt automatisé. Une question d’indicateurs autant que d’intentions : mesure-t-on l’impact par commande, par palette, ou par mètre carré d’entrepôt ? Le choix d’une métrique change souvent la décision opérationnelle.

Robots et humains : une transformation, pas forcément au détriment des emplois

L’épisode aborde aussi la dimension sociale de l’automatisation. Alors que la robotique est brocardée par ses détracteurs comme un outil visant à supprimer des postes, Nicolas Hunsiger y voit un outil de transformation des métiers. Les tâches les plus pénibles et répétitives sont prises en charge par les machines, tandis que de nouvelles compétences émergent autour de la maintenance, du pilotage et de l’optimisation des systèmes. Exotec investit dans cette montée en compétences et accompagne ses clients sur ces transitions. L’ergonomie et la sécurité des opérateurs sont au cœur du cahier des charges.

La circularité comme horizon industriel

Maîtriser les pièces détachées, développer la réparabilité, imaginer des marchés de reconditionnement : c’est le troisième angle de cet épisode. Exotec a compris que sa longévité dépend aussi de celle de ses équipements. Développer des contrats de service qui prolongent la vie des robots, structurer des modèles économiques autour de la durabilité : autant de pistes que le directeur ESG de l’entreprise détaille avec une franchise qui tranche avec les discours convenus. Un épisode dense, pour ceux qui veulent dépasser les raccourcis sur le « robot vert ».

Pour découvrir comment Exotec repense le cycle de vie de ses robots et cherche à concilier automatisation, circularité et transition écologique, écoutez l’épisode complet de Climat en Action.

Jérémy Debreu

Consultant RSE depuis une quinzaine d'années, Jeremy accompagne l'équipe Climat et Biodiversité de Bpifrance dans la valorisation des membres de la Communauté du Coq Vert. Depuis son diplôme Skema Business School en management de projet, il couvre les sujets liés à la transition des organisations (ONG, industries créatives, énergie, banque).

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